– Brunch en buffet
Reservation Brunch
Téléphone : 0143484545

Description de la rédaction

Du trottoir, la façade austère du 109 rue de Bagnolet, ne laisse rien deviner de la nature affriolante de Mama Shelter. Quelques indices pointent pourtant : une Porsche noire garée non loin, le service d’un voiturier et le passage incessant de belles  dames qui trainent dans leur sillage les parfums chic de Courchevel ou de Cannes. Des détails, somme toute, assez insolites dans l’un des quartiers les moins chers de Paris.

Inauguré en 2006, le restaurant  jouxte le « kibboutz urbain »,  nouveau concept hôtelier de 172 chambres,  né du célèbre trio : Philippe Starck, Serge Trigano et Alain Senderens (auteur de la carte).

Chez Mama Shelter, les Parisiens sont traités comme des hôtes de passage, et, fait suffisamment rare pour être souligné à Paris, les bambins galopent entre les tables sans se faire sermonner, avant d’atterrir, fous de bonheur, sur un immense baby foot. Mama porte bien son nom. La vaste enceinte amortit le chahut des familles et autres tribus, attablés, ici et là, en grappes.

Le rez de chaussée de la salle a beau contenir trois cent personnes – attention aux tympans  lors du coup de feu de 13 h 30 – il faut absolument réserver sa table, surtout si vous comptez loger sur les canapés de la terrasse en surplomb de la Petite ceinture un jour de  soleil.

Mama Shelter a opté pour des habits au chic décontracté, gris et noir. L’ambiance tamisée est conçue pour faire émerger le chaland de sa longue grasse matinée, en douceur.  Le faux plafond noir accueille des inscriptions à la craie. Coin salon canapés, longues tables d’hôtes, alternent. Au fond trône le rectangle d’or, où s’étale à son aise le buffet en enfilade.

Il y a comme un vieil air de club Med dans cette abondance de plats à volonté. Au fond de la grande salle,  coté sud, siègent les entrées (10), côté ouest, les plats chauds (5), côtés nord et est, le sucré (21 choix). Une fois attablé, chacun n’a d’yeux que pour son serveur  qui virevolte et vient se poser un moment expliquer la règle du lieu : il sert les boissons à volonté – vin en sus. A chacun d’attaquer le solide comme bon lui semble.

Le bal des entrées commence par de petites touches de salades bien relevées de lentilles moutardées bien croquantes, de pois chiches au cumin et tomates séchées, de pommes de terre, d’endives, de  concombre à la crème à agrémenter  de saumon – fumage  maison – d’une tendresse désarmante et de charcuteries de qualité.  Produits frais,  trois pains à choisir, la première assiette est plaisante, tout est bon, frais, de qualité.

L’appréciation des plats chauds est  plus nuancée. Comme dans les hôtels, cinq marmites inox patientent dans leur vapeur : saumon frais aux légumes, hachis Parmentier canard et spaghettis, poulet et pâtes à la sauce tomate, œufs brouillés saucisses, et enfin œuf meurette au jus de poulet croûtons très réussi ! Le hachis et l’œuf surpassent de loin tout le reste.

Attention aux desserts qui peuvent attaquer le moral de n’importe quel indécis. Entre la salade de fruits, les fromages blancs au trois coulis (fraises, rhubarbe, framboise), les yaourts, les tartes au chocolat, aux pommes, au citron meringuée, à la rhubarbe, les mousses au chocolat, les crèmes multiples, les madeleines, les sablés, les gaufres, les crêpes et les pommes au four, il faut savoir choisir entre 21 bonheurs !

Tout au long du brunch, le charmant serveur tient promesse en apportant thé, café, eau et vins.  Il est étonnant dans un tel lieu de ne pas pouvoir choisir son thé. On vous sert d’office un thé en sachet du Palais des Thés, mais le Earl Grey (Blue of London) risque de ne pas plaire à tout le monde ! En revanche le café se décline par une capsule Nespresso Longo Leggero  ou un café américain d’excellente facture.

La carte des vins s‘étire de 20€ pour un Côtes de Gascogne (blanc) jusqu’à 399€ pour une bouteille de champagne Krug. La coupe de champagne Billecart-Salmon (brut) démarre à 13€. De nombreux vins étrangers sont proposés pour la clientèle internationale. Mais gare aux couacs. Le blanc d’Afrique du Sud Fairvalley chenin 2009 affiché se transforme, sans annonce, en un  chardonnay et aurait pu passer inaperçu. « La carte change souvent », soupire le serveur charmant, pris à défaut, et qui accepte vite un compromis…

Au final, une adresse accueillante où chacun – et surtout les gros appétits –  peut trouver son bonheur dans un coin de Paris insolite,  à condition de ne pas se montrer trop maniaque sur la cuisine et à être prêt à faire chauffer sa carte bancaire.

La cuisine a les accents d’un vaisseau amiral lourd à mouvoir, avec de bonnes et de moins bonnes choses,  mais  la déco  très réussie met à l’aise et la largesse du choix impressionne.

Date de notre dernière visite : février 2011


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